Dans Le travail migrant, l’autre délocalisation (2024), Daniel Veron explore comment la surexploitation des travailleurs migrants constitue une forme de délocalisation sur place, permettant aux entreprises de réduire leurs coûts tout en gardant une main-d’œuvre paraissant indispensable mais vulnérable. À travers une analyse sociologique approfondie, l’auteur révèle la complexité des statuts légaux, la précarité croissante, …
Le travail migrant, l’autre délocalisation : un livre essentiel sur l’exploitation invisible

Dans son ouvrage Le travail migrant, l’autre délocalisation (La Dispute, 2024), le chercheur et essayiste Daniel Veron apporte une analyse percutante sur l’exploitation des travailleurs migrants en France. Finaliste du prix Penser le travail 2025, ce livre s’impose comme une référence pour comprendre les logiques économiques et politiques qui entretiennent la précarité de cette main-d’œuvre indispensable.
Une délocalisation… in situ
Veron forge une expression qui résume toute la violence de la situation : la « délocalisation sur place ». En mobilisant des travailleurs étrangers, souvent sous-payés et plus vulnérables que leurs homologues français, des secteurs entiers parviennent à réduire drastiquement leurs coûts sans déplacer leurs activités à l’étranger. Cette stratégie économique installe au cœur du territoire des zones de sous-droits et de surexploitation.
Secteurs concernés et précarité généralisée
Les migrants, qu’ils soient sans-papiers, travailleurs détachés ou titulaires d’un titre temporaire, se retrouvent concentrés dans des secteurs exposés :
le bâtiment et les travaux publics, où les cadences épuisantes et les normes de sécurité sont souvent contournées ;
la restauration et le nettoyage, où flexibilité extrême et salaires minimum sont la règle ;
le travail à domicile, où l’invisibilité des tâches accroît encore la vulnérabilité.
À travers de nombreux exemples, l’auteur montre comment ce système participe à la banalisation de conditions de travail dégradées, dont les répercussions dépassent largement le seul univers migratoire.
Une question de droits fondamentaux
Au-delà du constat, Veron défend une thèse claire : l’égalité des droits constitue le seul levier pour mettre fin à cette exploitation. Tant que l’accès aux protections sociales et aux droits du travail restera conditionné par le statut migratoire, le marché du travail continuera à fonctionner sur ces fractures inégalitaires.
Un éclairage dans un climat politique tendu
L’ouvrage paraît dans un contexte de durcissement des politiques anti-immigration en France. Cette contradiction, Veron la souligne : malgré le discours sécuritaire, la main-d’œuvre étrangère reste indispensable au tissu économique. Ce paradoxe entretient une hypocrisie structurelle où l’exploitation devient à la fois niée et organisée.
Pourquoi lire ce livre ?
Avec Le travail migrant, l’autre délocalisation, Daniel Veron ouvre un champ de réflexion décisif : comprendre la condition des travailleurs migrants, c’est saisir un des maillons centraux de l’évolution du marché du travail en France. Un livre nécessaire, à la fois enquête rigoureuse et plaidoyer pour la justice sociale.
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Le travail migrant, l'autre délocalisation, Daniel Veron
Edition La Dispute
Alors que les lois anti-immigration s’empilent, durcissant chaque fois un peu plus les conditions des travailleur·ses migrant·es, la main-d’œuvre étrangère s’avère pourtant toujours aussi indispensable dans de nombreux secteurs (BTP, restauration, nettoyage, travail à domicile, etc.).








