Juliette Dupuis Carle, au centre du dispositif, voit dans le Care
un acte créatif, puissant, fondateur de la culture féminine qui se
reflète dans les luttes communautaires ; elle associe création et
résistance pour définir sa photographie comme un femmage, un hommage
aux femmes et à leurs pouvoirs partagés.
Pour illustrer son propos, elle présente ici des épreuves de ses différentes séries : Une peau à soi, What does it mean to be free?, et son dernier projet en cours Baladi waladi.
Pour Julie Charbonnier, dans sa série Le Velours des ronces qui explore la relation intime, paradoxale et exigeante que la danse fait vivre aux corps de celles qui s’y engagent, le Care
se vit par l’abandon dans la souffrance partagée. Ayant elle-même un
parcours dans la danse c’est assez naturellement qu’elle en est venue à
concevoir la photographie comme « un espace de réparation, un outil de
soin où peut enfin s’ouvrir la parole. »
C’est également par le partage d’expériences, ici celles de l’exil, que Tina Massoumi,
réfugiée d’Iran, permet à une communauté de femmes dans la région de
Marseille, de créer ensemble des ponts avec leurs vies passées pour ne
pas rester, solitaires, dans un entre-deux, ni ici, ni là-bas. Sa série
au long cours A Home Made of Us, invite à comprendre « comment
de nouvelles maisons sont construites non pas à partir de murs, mais à
partir de visages, de gestes et d’une résilience commune. »
Enfin, c’est au sein de la haute montagne que Zoé Cavaro
permet à son corps, souffrant de vaginisme, de « s’exprimer dans la
puissance de la roche ». Ainsi dans un acte créatif et poétique, entre
son expérience personnelle et un constat global, sa série Important de disparaître dénonce les carences du système médical et la rudesse des combats solitaires.
Par cette exposition, autour du 8 mars, journée mondiale des droits de
la femme, la Galerie M, souhaitent faire écho aux voix multiples de
tou·te·s les artistes qui œuvrent pour soutenir les minorités aux
paroles muettes, soit parce qu’elles n’ont pas la place, soit parce
qu’elles n’ont pas de mot pour les dire.
Vernissage mercredi 4 mars 18h à 22h
Juliette Dupuis Carle
Julie Charbonnier
Tina Masoumi
Zoé Cavaro
Commissaire d’exposition : Maëlle Marvaud