Et si la lingerie cessait enfin d’être un costume de performance pour redevenir une seconde peau, douce, respirante, qui accompagne le corps sans le contraindre ? Avec Cambaj, Magali Mercier réinvente l’intime comme un territoire de sensualité tranquille, où la responsabilité environnementale n’est plus un supplément d’âme, mais le point de départ de chaque pièce.
Un nom comme un héritage, une marque comme une promesse
Derrière Cambaj, il y a d’abord une histoire de transmission. Le nom de la marque rassemble les initiales des femmes de la famille de Magali, de sa fille à ses grands-mères, comme un fil discret qui relie les générations entre elles. Ces femmes ont bousculé des stéréotypes pour que leurs descendantes soient libres de leur corps, de leurs choix et de leur désir, et c’est cette énergie que Cambaj veut prolonger.
Après plus de quinze ans dans la publicité mode, Magali revient à sa première passion : le design lingerie, étudié à Paris, avant de se spécialiser en management de la mode à Central Saint Martins. Installée à Dubaï, elle y lance Cambaj face au manque d’une lingerie premium créative et responsable, pensée pour l’empowerment quotidien. Mais en mars 2026, l’escalade du conflit Iran-États-Unis-Israël, avec des missiles iraniens visant le Golfe et des interceptions nocturnes au-dessus des Émirats, bouleverse tout : pour protéger sa petite petite famille, Magali quitte Dubaï en voiture via Oman, puis en avion par la Turquie, pour atterrir enfin en France. De retour aux racines, elle poursuit sa dynamique « lifestyle lingerie » audacieuse dans les matières, le confort et le temps long, avec une résilience qui fait écho à son héritage familiale.

Une sensualité non performative, pensée pour soi
La première couche qu’on enfile le matin conditionne souvent la manière dont on habite sa journée. Pour Cambaj, si l’on n’est pas bien dans cette première peau, il y a peu de chances de se sentir pleinement soi dans le reste de sa tenue. D’où cette idée forte : proposer une sensualité non performative, une sensualité pour soi, que l’on choisit de partager… ou pas.
Bodies en Tencel, ensembles en dentelle française, pièces de nuit en matières upcyclées : aucun ne cherche à « sculpter » le corps, mais à le laisser respirer. Sans baleines, sans renforts ni padding, Cambaj déconstruit les codes contraignants de la lingerie pour retrouver un rapport plus intuitif, plus doux, presque méditatif au vêtement intime. Les coupes jouent la carte d’un minimalisme sensuel, avec transparences maîtrisées, lignes graphiques et travail de matière plutôt que démonstration tapageuse.

Matières responsables, circularité assumée
Chez Cambaj, la durabilité ne se résume pas à une étiquette : elle structure chaque étape, de la fibre au packaging. La marque développe ses matières maison à base de Tencel, fibre d’eucalyptus moins polluante que le coton et particulièrement adaptée à la lingerie pour sa légèreté et sa douceur. Elle sélectionne des dentelles françaises issues de lignes responsables, des élastiques recyclés et bio-activés, ainsi que des teintures sans perturbateurs endocriniens, le tout certifié Oeko-Tex pour garantir l’absence de substances nocives au contact de la peau.
Cambaj intègre aussi des matières recyclées (GRS), des mailles et dentelles issues de déchets post-consommation, de plastiques revalorisés et de polyamides recyclés. Le loungewear et les pièces de nuit sont réalisés à partir de dead stocks de maisons de luxe, sourcés notamment via Nona Source, pour inscrire la marque dans une logique assumée d’upcycling.
Pour Magali, la circularité est non négociable : il y a déjà trop de vêtements produits dans le monde, tandis que la lingerie de seconde main reste difficile à adopter. La réponse : utiliser en priorité des matériaux existants, et ne développer de nouvelles matières que lorsque la filière responsable manque. Si un composant ne peut pas être sourcé de façon cohérente, en quantité, en traçabilité ou en proximité, il est simplement écarté.
Collections signatures : une garde-robe intime à composer

La garde-robe Cambaj se pense comme un vestiaire intime à construire dans le temps, plutôt qu’une succession de drops saisonniers. Le body en Tencel incarne ce manifeste : produit phare ultra léger, sans baleine ni renfort gênant, il offre une matière fluide, transparente et sensuelle, presque imperceptible sur la peau, pour accompagner le quotidien comme une armure douce sous une chemise ou un blazer. Les ensembles en dentelle française, eux, rendent hommage aux racines de la créatrice avec une finesse responsable, ultra légère et sensuelle sans démonstration, célébrant une féminité nuancée au-delà des clichés des grandes occasions.
Les pièces de nuit, quant à elles, étendent cette vision à l’intime nocturne via des kimonos, pyjamas et nuisettes upcyclés à partir de dead stocks de maisons de luxe, pensés pour circuler et durer. Autour de ces signatures, des gammes comme la Resille (sexy sustainable graphique en Tencel), l’Harmonie (ode aux dentelles françaises responsables), la Fusion (fête en coupons upcyclés) ou l’Alcôve et l’Intemporelle (bases en mesh GRS mix & match pour loungewear) se complètent naturellement. Les pièces se superposent, jouent avec la transparence et les volumes, pour des silhouettes fluides du dedans vers le dehors.
Produire peu, produire bien : le pari du temps long
Être une petite marque responsable, c’est accepter des contraintes économiques fortes. Cambaj produit en consignment : elle développe ses stocks sans garantie immédiate de vente, ce qui rend chaque lancement particulièrement stratégique. Magali privilégie les concept stores et partenaires prêts à réduire leur marge pour soutenir des produits fabriqués lentement, en petites séries, à des prix qui restent accessibles.
Basée à Dubaï, la marque fait fabriquer ses pièces dans un atelier local et propose des rendez-vous d’essayage à domicile pour les clientes de Dubaï et d’Abu Dhabi, afin de leur faire découvrir la collection dans un cadre intime et rassurant. Ailleurs, Cambaj se déploie via son e‑shop, avec des tailles du 34 au 44 et des silhouettes adaptées de l’AA au D, en accord avec la diversité réelle des corps.
Une invitation à acheter mieux, moins, plus longtemps
La philosophie de Cambaj tient en quelques mots, que Magali reprend en écho à Vivienne Westwood : acheter mieux, acheter bien, acheter peu, et garder longtemps. Chaque pièce est conçue pour durer, se mixer aux collections suivantes et traverser les saisons sans perdre son sens ni son allure.
Dans un marché où la lingerie est souvent traitée comme un produit jetable, Cambaj propose un autre tempo : celui d’une intimité construite sur la durée, avec moins de pièces, mais mieux fabriquées, plus respectueuses du corps, du vivant et du travail de celles et ceux qui les conçoivent. Une façon de remettre de la conscience dans un geste quotidien, simple et profondément politique : enfiler ses sous‑vêtements le matin.
Informations utiles
Site : https://cambaj-lingerie.com
Instagram : @cambajlingerie