À partir du milieu du XVIIIe siècle, la consommation de lait frais connaît une hausse spectaculaire dans les grandes villes en Europe. Marginale auparavant, elle devient habituelle pour accompagner les boissons à base de produits coloniaux (café, thé, chocolat). Dans la mesure où le lait ne se conserve pas, sa production doit se faire impérativement en ville ou à ses abords immédiats. Dans les métropoles, c’est au cœur de quartiers habités que se mettent en place des “vacheries”, étables à vaches, un phénomène inédit dans l’histoire de la présence animale en ville. En 1800, à Paris, on compte 5 000 vaches laitières. Cette présence pose des problèmes allant des maladies animales à des questions d’approvisionnement en nourriture et de gestion d’hygiène publique. Elle donne également naissance à une profession spécifique, celle des “nourrisseurs de bestiaux”.
Thomas Le Roux, chargé de recherches au CNRS, travaille sur l’histoire environnementale, économique et sociale aux XVIIIe et XIXe siècles. Il est l’auteur avec Jean-Baptiste Fressoz, François Jarrige, Corinne Marache et Julien Vincent de La Nature en révolution. Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (vol.1) (La Découverte, 2025). Il a également publié, entre autres, Le Laboratoire des pollutions industrielles, Paris, 1770-1830 (Albin Michel, 2011), La contamination du monde. Une histoire des pollutions à l’âge industriel (avec François Jarrige, Le Seuil, 2017).
Cette conférence est proposée par l’association Histoire et vies du 10e.