Les grands prix littéraires de novembre ont confirmé la vitalité de la scène francophone, avec des romans qui interrogent notre époque, nos corps et nos liens, tout en offrant de vrais moments de grâce romanesque.
Novembre, le mois des histoires qui comptent

Les grands prix littéraires de novembre ont confirmé la vitalité de la scène francophone, avec des romans qui interrogent notre époque, nos corps et nos liens, tout en offrant de vrais moments de grâce romanesque. Au cœur de cette moisson, le prix Femina décerné à Nathacha Appanah pour La nuit au cœur s’impose comme un coup de tonnerre calme : un texte brûlant sur les violences faites aux femmes, d’une intensité qui reste longtemps en tête. L’autrice a réalisé un double exceptionnel en remportant également le Goncourt des lycéens 2025 le 27 novembre, confirmant l’impact de son œuvre auprès de tous les publics.
Novembre, le mois des histoires qui comptent
Chaque automne, les grands prix – Goncourt, Femina, Renaudot, Médicis, Académie française, Interallié, prix des Libraires – dessinent la carte des romans à ne pas rater pour l’hiver. Cette année, novembre 2025 propose un paysage très féminin, où des autrices comme Nathacha Appanah, Yanick Lahens ou Adélaïde de Clermont-Tonnerre imposent des voix puissantes et sensibles.
Pour un lectorat lecteurs, ces prix fonctionnent comme une sélection inspirante à haute valeur émotionnelle. On y trouve des histoires de femmes qui se relèvent, de nuits intérieures, de voyages intimes au long cours, parfaites pour prolonger l’ambiance feutrée des soirées de novembre.
Prix Goncourt 2025 – La maison vide, Laurent Mauvignier

Le prix Goncourt 2025 récompense La maison vide de Laurent Mauvignier, publié aux éditions de Minuit. Fidèle à son écriture tendue et sensorielle, Mauvignier explore une maison comme on explore une mémoire : chaque pièce ouvre sur un secret, une absence, une parole qu'on n'a pas dite.
L'espace domestique devient décor mental, presque une installation artistique que l'on traverse page après page. Le lecteur circule dans cette maison comme dans un lieu d'exposition, avec ce sentiment étrange que la beauté naît des fissures.
Prix Renaudot – Je voulais vivre, Adélaïde de Clermont-Tonnerre

Le prix Renaudot 2025 distingue Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre, chez Grasset. Le roman revisite la figure de Milady, héroïne sulfureuse de la littérature classique, pour en faire un portrait de femme moderne aux prises avec le pouvoir, le désir et la liberté.
C'est un texte romanesque, ample, avec ce goût du récit foisonnant qui rappelle les grandes sagas, parfait pour accompagner un long voyage en train ou un week-end à l'hôtel. Le livre séduira les lectrices et lecteurs qui aiment les héroïnes ambivalentes, élégantes et dangereuses, comme un parfum capiteux que l'on n'oublie pas.
Grand Prix du Roman de l’Académie française – Passagères de nuit, Yanick Lahens

Le Grand prix du Roman de l'Académie française revient en 2025 à Yanick Lahens pour Passagères de nuit, paru aux éditions Sabine Wespieser. Le roman s'annonce comme une dérive nocturne, entre mémoire et histoire, portée par une langue poétique et incarnée.
Ce texte résonne particulièrement avec les thématiques de voyage intérieur, d'exil et de liens entre les rives du monde. C'est un livre à lire lentement, comme on sirote un rhum arrangé dans un bar à la lumière tamisée, en laissant remonter les histoires du passé.
Prix Femina et Goncourt des lycéens – La nuit au cœur, Nathacha Appanah
Le prix Femina du roman français couronne Nathacha Appanah pour La nuit au cœur, publié chez Gallimard. L’autrice mauricienne tresse trois récits de femmes victimes de violences conjugales – inspirés de faits réels et de sa propre histoire – pour questionner la manière dont les femmes survivent, parlent et se reconstruisent. Le 27 novembre, le roman a remporté le Goncourt des lycéens, faisant de Nathacha Appanah l’une des rares autrices à réaliser ce double prestigieux.

Le roman frappe par sa lumière intérieure : malgré la brutalité des sujets, la narration reste d'une douceur tenue, presque aquatique, qui donne envie de suivre ces femmes jusque dans leurs zones d'ombre.
Près de 2000 lycéens ont été bouleversés par ces trois histoires et ont salué une plume alliant complexité, justesse et poésie. C'est un livre pour celles et ceux qui aiment la littérature engagée mais délicate, capable de transformer la colère en puissance narrative.
Prix Médicis, Interallié, Prix des Libraires et autres repères
Autour de ces grands noms, plusieurs prix complètent la cartographie de lecture pour la fin d’année.

Le prix Interallié 2025 distingue Louis-Henri de La Rochefoucauld pour L'amour moderne (Robert Laffont), un roman qui interroge les codes sentimentaux d'aujourd'hui avec élégance et ironie.
Le prix des Libraires 2025 récompense, côté roman français, Bérénice Pichat pour un texte publié aux éditions Les Avrils, et Paul Lynch pour La petite bonne en roman étranger chez Albin Michel.
Ces distinctions, plus prescriptrices que médiatiques, restent de formidables radars pour découvrir des plumes que l’on n’aurait pas forcément croisées en tête de gondole. Elles offrent une sélection idéale pour qui aime fouiller dans les rayons des librairies indépendantes à la recherche de pépites.









